L’école primaire à 3 jours semaine c’est parfait et c’est peut-être assez.

Comment développer les intérêts intellectuels de mon enfant sans chambouler mon horaire
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Être parent c’est être pédagogue. Il n’y a pas de recette miracle, il n’y en a pas non plus pour être pédagogue. Tout ce qu’on a ce sont des études, des approches. Des auteurs qui écrivent des livres qui font du sens pour nous. La beauté de l’école réside justement dans la diversité des approches qu’elle propose. L’apprentissage à la maison peut également très bien suivre ce filon.  Il y a trop de variables pour suivre une recette, il faut selon moi s’éduquer assez pour pouvoir se permettre de faire des choix. Faire des choix ça veut dire prendre ce qui nous parle et laisser ce qui ne fait pas de sens à nos valeurs. Le reste suivra.

 

Je ne fais pas ici de plaidoyer pour le ”Homeschooling” ou le ”Unschooling”, puisque comme dans n’importe quel champs, mettre tout ses oeufs dans le même panier, ce n’est jamais la meilleur option. Surtout pas, à mon avis, en ce qui attrait à l’éducation des enfants. Tout est une question d’équilibre et l’équilibre réside dans une succession de choix éclairés. Quelques fois par contre on a beau avoir les meilleures idées du monde il faut se plier à la réalité.

Je partage ma situation très personnelle mais comme j’ai l’intention de poster un certain nombre activités que j’ai créées pour mes enfants, j’aimerais que vous en compreniez le contexte.

Voilà, il y a deux ans j’ai décidé de faire l’école à la maison pour ma fille lorsqu’elle était à la maternelle, mon fils était au niveau préscolaire à ce moment. La raison était à l’origine bien simple, nous étions alors expatriés et envoyer les enfants à l’école publique n’était pas envisageable. L’école publique tchèque n’offre pas de programme de soutien linguistique en classe pour les enfants qui voudraient apprendre la langue, comme il existe au Quebec par exemple. La langue maternelle de mes enfants étant le français, j’étais d’accord pour qu’ils fréquentent une école privée trois avant-midis par semaine en anglais, il fallait toutefois compenser pour l’éducation francophone. Après-tout, nous étions supposés revenir à Montréal ensuite (ce que nous avons jamais fait!).

C’était le meilleur équilibre qu’on ait pu avoir.

Je repense à cet équilibre pour moi et pour eux c’était parfait. Heureusement, la directrice de l’école que les enfants fréquentaient à ce moment-là était d’accord pour le 9-11 heures par semaine (je dois dire que j’ai du les convaincre et payer pour la semaine au complet tout de même). Je sais très bien que ça été un chance pour nous de se permettre ce rythme de vie pour plusieurs raisons. Je vous en parle aujourd’hui parce ça été une belle expérience et j’ai appris beaucoup à plusieurs niveaux.

Malheureusement, les degrés scolaires subséquents ne se donnaient pas au même endroit donc nous avons du changer d’école, l’année suivante. Jusqu’à maintenant je n’ai pas réussi à trouver un établissement qui me permettrait de faire la même chose, soit l’école à temps partiel. Je serais même prête à augmenter les heures d’école un peu sans que ça devienne excessif mais c’est impossible. Tout ce que j’ai pu trouver comme équilibre c’est de faire manquer aux enfants beaucoup d’heures d’école, quelque fois même des semaines complètes. Cela bien sur, en m’attirant les foudres de la direction. C’est une forme d’équilibre, ce n’est pas parfait mais ça fonctionne pour l’instant. Je dois dire que le fait que mes enfants fréquentent une école privée me permet plus de latitude en terme de décision que pour le cas d’une école publique puisque je paie. Aussi, je travaille à mon compte ce qui fait que je peux choisir mon horaire. Quelque fois j’oublie que ma situation est un peu en marge de ce que la plupart des gens vivent. Le point n’est pas de reproduire la même chose mais plutôt de d’oser rêver à une meilleure situation sans nécessairement reproduire ce que vos parents ont fait, ou les gens autour de vous font.

Tout ce que j’essaie de dire par là c’est que nous pouvons tous trouver un équilibre. Quelques fois, dans la folie de la vie on oublie ou on ignore que certaines variables sont malléables (les heures d’école par exemple, la proximité du travail). Je sais que ce n’est pas simple mais j’écris aujourd’hui entre autre pour ne jamais réoublier que nous contrôlons beaucoup plus de variables que l’on pense en ce qui attrait à notre situation familiale.

Alors pour nous qu’est-ce qu’on fait quand les enfants ne sont pas à l’école? C’est une bonne question, Quelques fois on voyage, ça c’est ma partie préférée. Quelques fois on travaille sur des projets qui intéressent les enfants, idéalement qui n’ont aucun lien avec l’école. Quelque fois ils jouent, seuls ou avec des amis, parce qu’on a des amis qui pensent comme nous. Est-ce que mes enfants sont en retard scolaire? La réponse est non. Est-ce que des fois je trouve ça lourd parce que je suis le point de référence principal pour tout? La réponse est oui. C’est facile de se faire embobiner. Encore ici c’est un équilibre à atteindre.

 

 

Il faut dire qu’ils sont encore jeunes. Avant je dirais 9-10 ans, le cerveau se développe tellement vite et on a l’impression que les enfants apprennent tellement de choses à l’école. La vérité selon moi c’est que toutes ces belles choses, ils les l’appendraient aussi ailleurs si on leur laissait la possibilité d’être aussi actifs intellectuellement qu’à l’école. Demandez seulement autour de vous qui a véritablement appris à lire à l’école, vous allez être surpris. Cela réside souvent  dans une combinaison : motivation à lire/maturation nerveuse/disponibilité de livres intéressants plutôt que dans une combinaison enseignement de lettres/sons.

Je vais vous faire une confidence:  J’ai toujours pensé que les enfants étaient presque tous égaux. Je crois que leur potentiel intellectuel brut est beaucoup moins différent les uns des autres qu’on ne le pense. L’environnement et les difficultés qu’ils rencontrent vont façonner le pourcentage de temps et d’énergie qu’ils mettront sur quelque chose, leur motivation est également un moteur important. En termes simples, Supposons qu’un enfant de 7 ans a 18 choses à apprendre dans sa journée (je veux seulement mettre un chiffre ici pour illustrer même si c’est tout à fait invraisemblable). S’il passe toute sa journée à jouer à un jeu vidéo il apprendra ses 18 choses dans son jeu. S’il passe sa journée à craindre pour sa sécurité il apprendra à se protéger. S’il passe sa journée à apprendre à lire et qu’il éprouve énormément de difficulté, il apprendra à lire mais aussi à éviter des questions, à protéger son estime de lui-même etc. On ne peut pas tout contrôler mais on peut généralement offrir des outils qui nous sont chers à nos enfants et trouver notre équilibre. À chaque famille son équilibre.


Quelques fois je regarde le cursus scolaire de mon fils de maternelle et le poil me dresse sur les bras par la non-nécessité de certains apprentissages à cet âge. Je ne sais pas trop combien de temps ils ont passé le mois dernier sur les fractions. Je comprends très bien d’un point de vue de vocabulaire courant qu’il est important de comprendre un peu ce que veut dire ”demi” et même peut-être ”quart” à la rigueur puisque les mots font partie de leur vie quotidienne. On parle ici d’enfants de 5 ou 6 ans. il se peut très bien et ce serait très normal que certains d’entre eux n’aient pas acquis le concept du nombre. Il me semble que d’attendre ne serait-ce qu’un an, permettrait de diminuer probablement de moitié le temps passé sur les fractions. Disons que les additions, les soustractions et même possiblement la division de nombres premiers sont un meilleur préambule. Pour moi c’est comme apprendre à faire du vélo en théorie sans jamais en avoir vu un. 

J’ai créé quelques activités en lien avec les intérêts de mes enfants qui ne sont pas nécessairement inusitées mais qui sont justement créées dans le but de les garder intellectuellement actifs . On ne réinvente pas la roue mais je voulais seulement apporter un aspect pédagogique à leurs projets. Je voulais aussi ouvrir un peu les horizons car quelques fois ils restent dans leur zone de confort. Sans vouloir me lancer dans le ”homeschooling”ou le ”unschooling”, je veux, le plus possible, les laisser choisir leurs projets mais les mettre aussi dans certaines situations de résolution de problèmes intéressants.
Je vais en poster quelques unes. Si jamais vous les utilisez, j’apprécie toujours avoir votre histoire. Comment ça s’est passé chez vous?

Voici la première activité ici

 

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