Montréal/ on a mangé du bon manger

Repartir à zero et donner des nouvelles
April 14, 2017
All inclusive resort ou tu ne voudrais jamais aller
April 14, 2017

Je suis dans l’avion présentement et tout ce que je me dis depuis tantôt c’est que quand je vais sortir d’ici ça va redevenir tellement compliqué. J’avais réussi à oublier. En fait j’ai oublié mon tchèque, je sais que ça va me revenir mais des fois c’est long avant que ça revienne. Aussi j’ai mille sacs à défaire, j’ai surement plein de bouffe pourrie dans le frigo, j’ai rien préparé pour mes cours de cette semaine. Ma journée va être exécrable parce que en plus d’être déjà brulée par la vie j’aurai pas dormi. C’est pas parce que j’ai pas essayé mais quand t’as un enfant qui dort sur toi ça limite les positions mettons. Pour ma journée de demain de toute façon à choisir entre eux et moi, c’est mieux que eux dorment parce que sinon ça va être pire.

On vient de passer un mois à Montréal, ben en fait pas trop à Montréal, à dix mille endroits et surtout à Brossard mais ça fait moins cool. La dernière fois que j’ai mangé demême, j’étais préado et il n’avait pas de lendemain. Là il y en a un. Mais somme toute un mois c’est assez pour voir pas mal de monde plus qu’une fois, ça nous a fait du bien. Ça a aidé les enfants à arrêter de parler frenglish, ça m’a permis d’enrayer mes mauvaise habitudes vestimentaires, manger des huîtres, encore manger des huîtres, mettre des choses au clair, réaliser que j’ai beaucoup trop de linge en storage, gouter à plein de sortes de gin, me monter un bill à la SAQ et être estomaquée, voir des vieux et nouveaux amis, avoir des discussions sans filtres, découvrir un peu de musique Queb, payer beaucoup trop cher pour aller à l’Atrium du 1000 patiner, me demander : au fait c’est ou chez nous?

Alors c’est ou chez nous? (je l’ai déjà dit ça hein?)

Ben je le sais pas, ça dépend et je suis en train de me demander si c’est vraiment important d’avoir un chez vous. Soit ça ou ben je ne l’ai pas encore trouvé. Un an et demi c’est le temps qu’on a passé à l’étranger jusqu’à date. Un an et demi c’est assez pour retourner dans TON pays et te rendre compte que t’es out. Rien a vraiment changé mais le »vibe » change, le »vibe » a changé pis personne me l’a dit. Je me demande juste si Montréal va me réaccepter après parce que moi aussi mon »vibe » a changé. Je me sens comme en secondaire 1 quand je partais pour l’été avec mes parents pis qu’en revenant à l’école: j’avais pas essayé le nouveau manège de LaRonde, gouté à la nouvelle saveur de Jolly Rancher pis je ne savais plus lequel des backstreet boys il fallait vénérer, en plus que j’avais pas frenché. À la place j’avais visité les iles Mingans pis personne savait de quoi je parlais parce que personne va là pis tout le monde s’en calissait. J’avais manqué quelque chose dans »l’expérience » pis c’était pas réversible. (mais j’avais vu les îles Mingan quand même!)

Quand on est parti il y a un an et demi on allait chercher quelque chose à Prague, pour moi c’était une forme d’intensité ou en fait j’avais besoin aussi d’être active mentalement pour me sentir vivre. Aussi pour les mêmes raisons on voulait voyager un peu. J’ai trouvé ce que je cherche, je sais que c’est temporaire et qu’un jour on va quitter la république tchèque et je me rends compte que c’est ce bout là qui manque j’imagine que c’est pour cette raison qu’on est encore là. Je ne sais pas quoi planifier. J’entrevois rien encore. J’ai juste pas fini encore. Je ne suis pas prête à décider. C’est tout. Mais c’est un peu angoissant quand même. En fait chez nous c’est ma petite famille. Si on est ensemble je suis chez nous. Merci encore à tout ceux qui nous ont hébergés (surtout mes parents chez qui on a encore tout saccagé) tout ceux qui ont pris du temps pour nous.

À Prague on est des amis de troisième ordre pour les gens de la place, ça fait du bien de se sentir un peu de 1er et 2e ordre des fois. On fait moins »looser ». Voici quelques photos de notre escapade en terre québecoise





Juste un petit message parce que j’ai vraiment glandé avec mes photos et qu’on se retrouve finalement plus d’une semaine après notre retour et j’ai toujours pas encore posté mon message. Je peux me permettre de faire un post mortem. C’est vrai que c’est compliqué mais j’ai pas trop perdu mon tchèque. Ça pris juste 2 jours dépaqueter. les enfants ont été zéro décalés juste un peu de misère à s’endormir durant une semaine mais c’est tout. J’ai donné mon premier atelier de musique parents-bébé. Ça été correct.

Et puis même si finalement le »vibe » de Prague n’est pas si différent de celui de Montréal (surtout depuis qu’il y a de la neige) et qu’il y a plusieurs choses qui font que je me sente chez nous ici il reste quelques petites subtilités qui frappent:

Quand je me mets à parler trois langue dans la même journée, et que mon chum passe son temps à dire : « va leur demander ça et ça » et que je me couche brulée le soir en pensant en 3 langues;

L’odeur de poulet, de saucisson et de dessous de bras quasi-constante;

Quand je vais au yoga et que je suis la seule fille (à part la prof) et que ça sent le fond de tonne parce que clairement je suis la seule à ne pas être allée 5à7er avant;

Quand je vais glisser dans le chaos de la côte du parc avec les enfants et que j’arbore la doctrine du »chacun pour soi » (le genre que tout le monde glisse partout, n’importe quand);

Quand je vais au Ministère de l’Intérieur pour aller apparemment juste chercher la carte biométrique des enfants qui est prête et que je finis par passer 4 heures là;

Quand on prend l’autobus pour aller à la montagne et qu’une journée de ski pour toute la famille transport compris ça coûte 50$ canadien. En plus on a une succession de hits musicaux 80’s-90’s hors pair et assez underground parce que même moi j’aurais jamais pensé mettre ça dans ma playlist;

Quand je rentre dans le métro avec mes enfants et que tout le monde se lève pour leur faire une place;

Pas de doute, je suis bien en république tchèque…


Comments are closed.